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QUESTIONS
sur la PSYCHANALYSE
Qu’est
ce que la psychanalyse ?
La La psychanalyse est une technique et un
art permettant la connaissance des mécanismes psychiques
inconscients. C’est en effet un procédé
d’investigation sur des processus mentaux
habituellement peu accessibles. Ce procédé qui
utilise principalement la libre association permet
de comprendre et de révéler la signification
inconsciente de paroles par les lapsus; d’actions
par les actes manqués ; de l’imaginaire par les
rêves et les fantasmes.
La psychanalyse est
également une méthode psychothérapique où ces mises
en lumière des fonctionnements psychiques
apporteront pour la personne qui se soumet à ce
travail un mieux être accompagné de changements plus
ou moins conséquents dans la vie affective, sexuelle
et professionnelle.
A qui s’adresse la psychanalyse ?
Elle s’adresse aux personnes
souffrant de différents troubles névrotiques dont
les conflits intérieurs rendent leur vie remplie de
difficultés et de souffrances. La névrose est en
effet le champ d’action privilégié de la
psychanalyse. Ces névroses sont, pour ces personnes,
le compromis entre les contraintes de la vie et leur
désir de vivre certaines satisfactions interdites
par leur éducation ou leur environnement.
La psychanalyse s’adresse
également à ceux ou celles qui souhaitent
simplement, dans un désir d’évolution ou
d’épanouissement personnel, se connaître mieux,
choisir leur voie et atteindre une meilleure
harmonie entre eux et les autres.
Une psychanalyse se fait en
général entre 20 et 60ans. Il est conseillé aux plus
jeunes d’attendre, pour entreprendre une analyse,
qu’ils aient acquis une certaine autonomie mentale
et financière. Il est également important qu’ils
soient convaincus et déterminés par cette démarche.
Concernant les plus de 60 ans, la psychanalyse ne
leur est pas toujours adaptée car avec l’âge les
personnalités deviennent plus rigides, et donc moins
adaptables. Il est alors plus difficile pour elles
de se remettre en cause. On leur proposera plutôt
d’autres formes de psychothérapies.
La psychanalyse n’est pas
indiquée également pour les personnes souffrant de
troubles psychiatriques sévères. Elle n’est pas
adaptée aux pathologies lourdes qui seront plus
efficacement soignés par un psychiatre.
Elle n’est pas non plus très
efficace dans les cas où le moi de la personne n’est
pas suffisamment constitué et organisé. Elle n’est
pas impossible mais là encore d’autres techniques
psychothérapiques seront plus efficaces.
Elle est contre indiquée
également dans le cas de personnalité psychorigides,
rebelles au changement, car la psychanalyse implique
le changement. Ces personnes suivront avec plus
d’efficacité les thérapies de groupe ou les
psychodrames.
Comment
se déroule une analyse ?
Une analyse dure généralement
entre cinq et dix ans au rythme d’au moins une
séance par semaine, souvent plus. La séance se
déroule habituellement en trois quarts d’heure. Il
arrive que ce temps soit réduit par certains
psychanalystes à une demi heure, ce qui semble le
minimum, voire un quart d’heure-vingt minutes.
Certains analystes lacaniens pratiquent même les
séances à heures variables, leur durée n’est pas
définie à l’avance. Elles peuvent durer une heure
comme cinq minutes. Cette pratique est contestable.
Concernant la séance elle-même, elle se déroule en
position allongée. L’analyste est assis derrière
l’analysant de manière à le voir sans être vu. Le
psychanalyste et le patient peuvent également être
en face à face. L’analysant est amené à exprimer
librement, sans censure, ce qui lui vient à
l’esprit, c’est l’association libre.
Le silence de l’analyste est-il aujourd’hui
encore essentiel ?
Il ne s’agit pas d’un silence
absolu. Moins il y a de mots, plus ils ont de poids
et donc mieux ils seront entendus. D’autre part la
discrétion de l’analyste laisse toute la place au
patient afin qu’il s’exprime librement, c’est la
règle de la non directivité. Le travail du
psychanalyste consiste à souligner, appuyer, donner
quelques repères aidant l’analysant à progresser.
C’est le patient qui fait l’essentiel. Une analyse
dans un silence absolue, ce n’est pas une analyse.
Il peut arriver que le psychanalyste ne dise pas un
mot pendant plusieurs séances mais cela reste
ponctuel au cours de l’analyse.
En quoi la découverte par Freud de l’inconscient
est-elle fondamentale ?
Elle nous permet de comprendre
beaucoup mieux la psychologie humaine et d’avoir une
compréhension globale de la personne. S’attacher au
seul conscient ne permet pas de rendre compte des
causes de beaucoup de symptômes. Cette découverte
est fondamentale, car elle permet d’aller beaucoup
plus loin dans la connaissance des mécanismes
psychiques profonds. L’inconscient n’est pas
accessible spontanément à la conscience, il se
révèle dans les actes manqués, les lapsus, les
rêves, les fantasmes. Y accéder est un dur labeur
qui demande un travail en profondeur.
Pourquoi l’écoute flottante permet-elle de faire
émerger l’inconscient ?
Puisqu’on parle d’écoute
flottante on se situe du côté de l’analyste. Il doit
identifier les mécanismes psychiques de celui qu’il
écoute et élaborer des hypothèses. L’analyste doit
être attentifs aux résonances des dires de
l’analysant sur son propre inconscient et tenter de
comprendre sur ce que cela révèle de l’inconscient
de son patient. Cette méthode permet à l’analyste de
se libérer de ses résistances susceptibles
d'empêcher les perceptions de son inconscient, il
arrive ainsi à une plus grande objectivité.
Quels sont les concepts centraux en
psychanalyse ?
Il est absolument fondamental
d’aborder les trois principaux stades de l’évolution
découverts par Freud : le stade oral, le stade anal
et le stade phallique car ils ont une grande
influence sur le développement du jeune enfant et
sur les difficultés qu’il peut avoir à l’âge adulte.
Il est également essentiel d’aborder le concept de
castration et le complexe d’oedipe, centraux dans la
construction sexuelle et l’équilibre.
Qu’est ce que le stade oral ?
Il débute au premier jour de la
vie. Dès sa naissance, le bébé a un besoin organique
de se nourrir, de téter. Il va très rapidement
découvrir que manger est pour lui un plaisir. Puis x
il va conserver ce plaisir et ce besoin de succion
tout en se détachant de la nécessité de se nourrir.
Pour cela il va utiliser une tétine ou bien son
pouce. L’oralité touche à tout ce qui concerne la
bouche, les lèvres, et une partie du tube digestif .
Les personnes qui ont une forte oralité ont souvent
le sens du toucher plus développé que les autres.
Lors de ce stade il se crée une dépendance vis-à-vis
de la mère que l’enfant va s’arranger à vivre en
dehors de l’objet qui le lui permet. Une fixation
importance à ce stade cause souvent d’importantes
dépendances à l’âge adulte.
Que se joue-t-il lors du stade anal ?
On peut faire débuter le stade
anal entre la première et la deuxième année de vie.
Le rapport de l’enfant à son environnement change.
Il s’autonomise, il marche tout seul et prend plaisir
à explorer son environnement. Il va abandonner sa
dépendance à l’oralité au profit d’autre chose. Il
va découvrir l’usage de ses sphincters anal et
urinaire. Il va éprouver une grande jouissance à
jouer avec cette analité. Au plaisir physique
d’expulser va s’ajouter au moment de l’acquisition
de la propreté, le plaisir mental d’être félicité
par sa mère quand il a expulsé. Il va également
découvrir les plaisirs sadiques. Il peut utiliser
ses excréments pour salir, pour contrarier. Le jeune
enfant va également découvrir le plaisir de
rétention et les satisfactions que cela peut lui
procurer. Une fixation au stade anal peut expliquer
certaines formes d’agressivité verbale et physique,
certains comportements trop intériorisés…
Qu’en est-il du stade phallique ?
Après la résolution des
préoccupations de l’oralité et de l’analité émerge
le stade phallique. C’est la découverte chez
l’enfant de la présence ou de l’absence du pénis.
L’enfant, outre le plaisir d’uriner ressent un
plaisir narcissique. Il est fier de son sexe, il met
de l’urine où il veut, il ressent une grande
satisfaction du pouvoir que cela lui confère. Un
adulte qui veux être le plus grand, le plus
brillant, qui veut absolument détenir du pouvoir a
sans doute fait une fixation sur ce stade. C’est
également à ce moment que la génitalité et les
plaisirs qui y sont attachés émergent, en découle le
début du complexe de castration. Pour Freud, le
complexe de castration touche la fille comme le
garçon. Le petit garçon qui vient de découvrir son
pénis a peur de perdre cet objet de plaisir x qui,
en plus, le valorise par rapport aux autres. La
petite fille, elle, va réaliser qu’il lui manque
quelque chose, ce qui la conduit à se sentir
inférieure. En découvrant qu’elle peut porter un
enfant, elle va remplacer l’absence du pénis par un
autre objet. Le désir d’avoir un enfant va remplacer
ce manque. Elle va pour cela se tourner vers son
père, père potentiel de son enfant. C’est le début
du complexe d’oedipe.
Parlez nous de cet incontournable complexe
d’oedipe.
La fille va en se rapprochant
de son père x entrer en compétition avec sa mère
alors que jusque là elle était centrée sur elle.
Cela entraîne une rivalité et une jalousie à l’égard
de la mère qui conduit également à un fort sentiment
de culpabilité. Pour le garçon, le complexe d’oedipe
est plus violent encore puisqu’en se rapprochant de
sa mère il va entrer en conflit avec son père. Ce
conflit « entre hommes » de la famille peut
engendrer, comme Freud nous le montre très bien dans
le cas du petit Hans, un conflit difficile à vivre
pour le petit garçon.
Le complexe d’oedipe est-il le point central de
toute psychanalyse ?
C’est un point central a
beaucoup d’analyses mais parfois le nœud central se
trouve ailleurs. Toutefois, le complexe d’oedipe est
au centre de la structuration qui définit le choix
de l’objet d’amour. Il va déterminer le genre de
partenaire choisi, c’est donc en fonction du
déroulement de ce complexe d’oedipe que la vie
amoureuse d’un individu s’orientera dans un sens
ou dans un autre. Il y a l’oedipe normal où on aime
le parent du sexe opposé et le partenaire choisi
possèdera certaines analogies avec ce parent. Il y a
également l’oedipe inversé où l’enfant va aimer le
parent du même sexe que lui et où adolescent, il
sera conduit à choisir un partenaire ressemblant à
ce parent là.
Que se passe-t-il lors du transfert de ce
complexe sur le thérapeute ?
Il y a deux formes de
transfert : le positif et le négatif. Le patient
ressent soit de l’amour, soit de la haine pour
l’analyste. Il reporte sur le psychanalyste ce qu’il
a pu ressentir à l’égard de son père, de sa mère ou
de personnes qui luix sont proches. Le transfert
voit se succéder des manifestations de nature
différentes et ambivalentes à l’encontre de
l’analyste. Ce transfert arrive au cours de
l’analyse de manière progressive. Je ne crois pas
trop à ceux qui disent que le transfert est déjà là
lors de la première consultation. Le patient par le
transfert revit, assez spontanément, des émotions et
aborde des évènements vécus dans le passé. Ce
transfert est bien sûr interprété.
Quel est le sens réel que donne Freud au mot
sexualité ?
Quand Freud parle de sexualité,
il ne parle pas que de génitalité, il parle plutôt
de plaisir, on retrouve donc les trois stades :
oral, anal et phallique et les plaisirs qui y sont
attachés. La sexualité pour lui correspond à ce qui
est ressenti physiquement, de manière palpable et
émotionnelle. Cela conduit à considérer les plaisirs
de manière très large : plaisirs charnels certes
mais également fantasmes.
Après avoir découvert l’inconscient Freud
introduit le ça, le moi et le surmoi. En quoi cette
découverte est-elle également fondamentale ?
Freud découvre là les
différentes instances mentales, ce qui est forcément
essentiel à la compréhension des mécanismes
psychologiques.
Le ça, lui, correspond aux
pulsions, elles sont inconscientes et non élaborées.
Il y a deux grand types de pulsions : les pulsions
de vie et les pulsions de mort. Les premières
correspondent à une envie forte de vie, de création.
Elles incluent, la sexualité, la maternité, la faim
qui en sont des manifestations. Les secondes sont
des envies fortes de mort ou de destruction; la
colère, l’agressivité, la haine en sont un reflet.
Le ça est rempli d’énergie sans organisation : c’est
le chaos.
Le moi, lui, correspond aux
intérêts généraux de la personne. Il gère l’ensemble
de la personne : ses besoins, son rapport à la
réalité, ses difficultés pour agir, ses dangers…
C’est là que s’élabore la réflexion.
Le surmoi juge, critique,
interdit. C’est le lieu psychique où sont présentes
les règles éducatives morales et sociales.
Normalement le sujet obéit au surmoi. Il peut le
faire par peur de la punition ou bien par amour.
xxxxxxx. Quand la personne agit à l’encontre de
certaines de ces pulsions non par crainte de la
sanction mais par amour, c’est grâce à l’idéal du
moi.
Le
moi possède des mécanismes de défenses, comment
fonctionnent-ils ?
Tout moi organisé possède des
mécanismes de défense. Ils servent à maintenir le
système tel qu’il est, pour que le moi ne s’effondre
pas. Il servent à éviter une trop grande remise en
question. Il y en a de nombreux : le refoulement, la
projection, la régression, l’isolation, la
sublimation… A chaque personnalité ses mécanismes de
défense.
Le plus fréquent est le
refoulement, il consiste à refouler dans
l’inconscient, à faire sortir de la conscience ce
qui a été vécu. Il entre en jeux de façon
spectaculaire dans les névroses et tout
particulièrement dans les cas d’hystérie. Il en
existe deux notions : le refoulement primaire et les
refoulements secondaires. Un événement va provoquer
le premier refoulement et tous les autres évènements
qui s’en rapprochent vont à nouveau déclencher un
refoulement, dit secondaire. Le refoulement est
également le mécanisme le plus représentatif des
fonctions de l’inconscient. Si un évènement a été
refoulé c’est qu’il existe encore quelque part dans
l’inconscient.
La sublimation est le mécanisme
de défense le plus élaboré et le plus positif.
L’énergie initiale,vitale, est canalisée, utilisée
à faire quelque chose de positif dans la vie. La
sublimation peut permettre la réalisation
intellectuelle et artistique, elle donne la
possibilité d’accéder à la conceptualisation et à la
symbolisation. L’énergie initiale sexuelle est
transformée en énergie créatrice.
Quel est le lien entre pulsion et refoulement
Certaines pulsions spontanées
de vie ou de mort, sont difficiles à vivre. Elles
causent embarras, sentiment de culpabilité, malaise,
ce qui conduit au refoulement de ces pulsions dans
l’inconscient. Il peut s’agir de pulsions de vie
comme de mort. Désir sexuel, envie de meurtre...
Quand ces pulsions sont contraires à une certaine
morale, lorsque le désir est nocif pour la santé et
pour la vie elle-même, la pulsion est réprimée.
C’est l’interdiction d’un acte jugé contraire à la
loi ou moralement interdit qui conduit au
refoulement.
Combien coûte une psychanalyse et qu’elle est la
symbolique qui entoure la rémunération de l’analyste?
Une séance de 45 minutes coûte
entre 50 et 80 euros. La rémunération de l’analyste
est nécessaire et logique comme dans toute relation
de travail. Si l’analyste travaillait gratuitement,
l’analysant se retrouverait face à quelqu’un qui lui
ferait un don et dont il se sentirait redevable donc
dépendant. L’ analyse représentant un travail de
longue haleine, cela créerait, une lourde dette
difficile à gérer. La rémunération est donc pour le
patient la garantie de sa liberté. La transaction
financière permet aux deux parties d’y trouver
chacun son compte.
Concernant les séances auxquels
l’analysant ne se rend pas, les pratiques sont
variables. Me concernant, je demande, comme beaucoup
de mes confrères a être prévenu au moins 48 heures à
l’avance. Certains font payer les séances même
pendant les vacances. Cela peut paraître abusif,
pourtant un de mes confrères m’a expliqué qu’en
faisant régler une de ses patientes pendant les
vacances, il a maintenu le lien psychologique entre
eux et cela lui a permis d’éviter la déprime qu’elle
faisait toutes les années précédentes durant son
absence.
Cette règle de la séance due
s’inscrit dans la logique de la continuité et de la
régularité. Quand on entreprend une psychanalyse,
c’est un travail long et rigoureux qui demande un
investissement. Il n’est pas dans l’esprit de s’y
soustraire en fonction des événements ou d’éviter
certaines séances difficiles.
Quelles sont les limites de l’apport freudien ?
C’est d’abord les limites de
son temps puisque Freud a vécu jusqu’en 1939 et que
depuis de nombreuses découvertes ont été faites et
de nouvelles pathologies ont émergées. Dans la
théorie de la psychanalyse, Freud travaille
essentiellement sur les névroses classiques faites
d’inhibitions et d’angoisses assez communes à
l’époque. Aujourd’hui, l’évolution des mœurs, la
baisse de l’influence de la religion, les nouvelles
méthodes éducatives expliquent que l’on soit moins
souvent confrontés à ce genre de névroses. De
nouvelles pathologies narcissiques ou d’états
limites, de dépressions, apparaissent. Dans ces cas
là certaines psychothérapies se trouvent mieux
adaptées pour les traiter.
Aujourd’hui, La Psychanalyse
est omniprésente dans la société. Le cinéma, le
théâtre, la littérature, l’art, y font régulièrement
référence, les médias analysent les faits de société
au travers de son analyse. De plus, la psychanalyste
ouvre aujourd'hui de nombreuses perspectives aux
chercheurs et aux praticiens de multiples
disciplines, outre la psychologie et la psychiatrie,
la médecine, la Sociologie, la Linguistique, la
Philosophie, l’Etude des Religions, l’histoire etc...
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