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La
Psychanalyse freudienne
Qu’est
ce que la psychanalyse ?
La
psychanalyse est le travail par lequel nous amenons à la
conscience du patient le psychique refoulé en lui.
C’est en effet
un procédé d’investigation sur des
processus mentaux habituellement peu accessibles. Ce
procédé qui utilise principalement la libre
association permet de comprendre et de révéler la
signification inconsciente de paroles par les lapsus;
d’actions par les actes manqués ; de
l’imaginaire par les rêves et les fantasmes.
La
psychanalyse est également une méthode
psychothérapique où ces mises en
lumière des fonctionnements psychiques apporteront pour la
personne qui se soumet à ce travail un mieux être
accompagné de changements plus ou moins
conséquents dans la vie affective, sexuelle et
professionnelle.
Comment
se déroule une analyse ?
Une
analyse dure généralement entre cinq et dix ans
au rythme d’au moins une séance par semaine,
souvent plus. La séance se déroule habituellement
en trois quarts d’heure. Il arrive que ce temps soit
réduit par certains psychanalystes à une demi
heure, ce qui semble le minimum, voire un quart d’heure-vingt
minutes. Certains analystes lacaniens pratiquent même les
séances à heures variables, leur durée
n’est pas définie à l’avance.
Elles peuvent durer une heure comme cinq minutes. Cette pratique est
contestable. Concernant la séance elle-même, elle
se déroule en position allongée.
L’analyste est assis derrière
l’analysant de manière à le voir sans
être vu. Le psychanalyste et le patient peuvent
également être en face à face.
L’analysant est amené à exprimer
librement, sans censure, ce qui lui vient à
l’esprit, c’est l’association libre.
Le
silence de l’analyste est-il aujourd’hui encore
essentiel ?
Il
ne s’agit pas d’un silence absolu. Moins il y a de
mots, plus ils ont de poids et donc mieux ils
seront entendus. D’autre part la discrétion de
l’analyste laisse toute la place au patient afin
qu’il s’exprime librement, c’est la
règle de la non directivité. Le travail du
psychanalyste consiste à souligner, appuyer, donner quelques
repères aidant l’analysant à
progresser. C’est le patient qui fait l’essentiel.
Une analyse dans un silence absolue, ce n’est pas une
analyse. Il peut arriver que le psychanalyste ne dise pas un mot
pendant plusieurs séances mais cela reste ponctuel au cours
de l’analyse.
En
quoi la découverte par Freud de l’inconscient
est-elle fondamentale ?
Elle
nous permet de comprendre beaucoup mieux la psychologie humaine et
d’avoir une compréhension globale de la personne.
S’attacher au seul conscient ne permet pas de rendre compte
des causes de beaucoup de symptômes. Cette
découverte est fondamentale, car elle permet
d’aller beaucoup plus loin dans la connaissance des
mécanismes psychiques profonds. L’inconscient
n’est pas accessible spontanément à la
conscience, il se révèle dans les actes
manqués, les lapsus, les rêves, les fantasmes. Y
accéder est un dur labeur qui demande un travail en
profondeur.
Pourquoi
l’écoute flottante permet-elle de faire
émerger l’inconscient ?
Puisqu’on
parle d’écoute flottante on se situe du
côté de l’analyste. Il doit identifier
les mécanismes psychiques de celui qu’il
écoute et élaborer des hypothèses.
L’analyste doit être attentifs aux
résonances des dires de l’analysant sur son propre
inconscient et tenter de comprendre sur ce que cela
révèle de l’inconscient de son patient.
Cette méthode permet à l’analyste de se
libérer de ses résistances susceptibles
d'empêcher les perceptions de son inconscient, il arrive
ainsi à une plus grande objectivité.
Quels
sont les concepts centraux en psychanalyse ?
Il
est absolument fondamental d’aborder les trois principaux
stades de l’évolution découverts par
Freud : le stade oral, le stade anal et le stade phallique car
ils ont une grande influence sur le développement du jeune
enfant et sur les difficultés qu’il peut avoir
à l’âge adulte. Il est
également essentiel d’aborder le concept de
castration et le complexe d’oedipe, centraux dans la
construction sexuelle et l’équilibre.
Qu’est
ce que le stade oral ?
Il
débute au premier jour de la vie. Dès sa
naissance, le bébé a un besoin organique de se
nourrir, de téter. Il va très rapidement
découvrir que manger est pour lui un plaisir. Puis x il va
conserver ce plaisir et ce besoin de succion tout en se
détachant de la nécessité de se
nourrir. Pour cela il va utiliser une tétine ou bien son
pouce. L’oralité touche à tout ce qui
concerne la bouche, les lèvres, et une partie du tube
digestif . Les personnes qui ont une forte oralité ont
souvent le sens du toucher plus développé que les
autres. Lors de ce stade il se crée une
dépendance vis-à-vis de la mère que
l’enfant va s’arranger à vivre en dehors
de l’objet qui le lui permet. Une fixation importance
à ce stade cause souvent d’importantes
dépendances à l’âge adulte.
Que
se joue-t-il lors du stade anal ?
On
peut faire débuter le stade anal entre la
première et la deuxième année de vie.
Le rapport de l’enfant à son environnement change.
Il s’autonomise, il marche tout seul et prend plaisir
à explorer son environnement. Il va abandonner sa
dépendance à l’oralité au
profit d’autre chose. Il va découvrir
l’usage de ses sphincters anal et urinaire. Il va
éprouver une grande jouissance à jouer avec cette
analité. Au plaisir physique d’expulser va
s’ajouter au moment de l’acquisition de la
propreté, le plaisir mental d’être
félicité par sa mère quand il a
expulsé. Il va également découvrir les
plaisirs sadiques. Il peut utiliser ses excréments pour
salir, pour contrarier. Le jeune enfant va également
découvrir le plaisir de rétention et les
satisfactions que cela peut lui procurer. Une fixation au stade anal
peut expliquer certaines formes d’agressivité
verbale et physique, certains comportements trop
intériorisés…
Qu’en
est-il du stade phallique ?
Après
la résolution des préoccupations de
l’oralité et de l’analité
émerge le stade phallique. C’est la
découverte chez l’enfant de la présence
ou de l’absence du pénis. L’enfant,
outre le plaisir d’uriner ressent un plaisir narcissique. Il
est fier de son sexe, il met de l’urine où il
veut, il ressent une grande satisfaction du pouvoir que cela lui
confère. Un adulte qui veux être le plus grand, le
plus brillant, qui veut absolument détenir du pouvoir a sans
doute fait une fixation sur ce stade. C’est
également à ce moment que la
génitalité et les plaisirs qui y sont
attachés émergent, en découle le
début du complexe de castration. Pour Freud, le complexe de
castration touche la fille comme le garçon. Le
petit garçon qui vient de découvrir son
pénis a peur de perdre cet objet de plaisir x qui, en plus,
le valorise par rapport aux autres. La petite fille, elle, va
réaliser qu’il lui manque quelque chose, ce qui la
conduit à se sentir inférieure. En
découvrant qu’elle peut porter un enfant, elle va
remplacer l’absence du pénis par un autre objet.
Le désir d’avoir un enfant va remplacer ce
manque. Elle va pour cela se tourner vers son
père, père potentiel de son enfant.
C’est le début du complexe d’oedipe.
Parlez
nous de cet incontournable complexe d’oedipe.
La
fille va en se rapprochant de son père x entrer en
compétition avec sa mère alors que jusque
là elle était centrée sur elle. Cela
entraîne une rivalité et une jalousie à
l’égard de la mère qui conduit
également à un fort sentiment de
culpabilité. Pour le garçon, le complexe
d’oedipe est plus violent encore puisqu’en se
rapprochant de sa mère il va entrer en conflit avec son
père. Ce conflit « entre
hommes » de la famille peut engendrer, comme Freud
nous le montre très bien dans le cas du petit Hans, un
conflit difficile à vivre pour le petit garçon.
Le
complexe d’oedipe est-il le point central de toute
psychanalyse ?
C’est
un point central a beaucoup d’analyses mais parfois le
nœud central se trouve ailleurs. Toutefois, le complexe
d’oedipe est au centre de la structuration qui
définit le choix de l’objet d’amour. Il
va déterminer le genre de partenaire choisi,
c’est donc en fonction du déroulement de
ce complexe d’oedipe que la
vie amoureuse d’un
individu s’orientera dans un sens ou dans un autre.
Il y a l’oedipe normal où on aime le parent du
sexe opposé et le partenaire choisi possèdera
certaines analogies avec ce parent. Il y a également
l’oedipe inversé où l’enfant
va aimer le parent du même sexe que lui et où
adolescent, il sera conduit à choisir un partenaire
ressemblant à ce parent là.
Que
se passe-t-il lors du transfert de ce complexe sur le
thérapeute ?
Il
y a deux formes de transfert : le positif et le
négatif. Le patient ressent soit de l’amour, soit
de la haine pour l’analyste. Il reporte sur le psychanalyste
ce qu’il a pu ressentir à
l’égard de son père, de sa
mère ou de personnes qui luix sont proches. Le transfert
voit se succéder des manifestations de nature
différentes et ambivalentes à
l’encontre de l’analyste. Ce transfert arrive au
cours de l’analyse de manière progressive. Je ne
crois pas trop à ceux qui disent que le transfert est
déjà là lors de la première
consultation. Le patient par le transfert revit, assez
spontanément, des émotions et aborde des
évènements vécus dans le
passé. Ce transfert est bien sûr
interprété.
Quel
est le sens réel que donne Freud au mot
sexualité ?
Quand
Freud parle de sexualité, il ne parle pas que de
génitalité, il parle plutôt de plaisir,
on retrouve donc les trois stades : oral, anal et phallique et
les plaisirs qui y sont attachés. La sexualité
pour lui correspond à ce qui est ressenti physiquement, de
manière palpable et émotionnelle. Cela conduit
à considérer les plaisirs de manière
très large : plaisirs charnels certes mais
également fantasmes.
Après
avoir découvert l’inconscient Freud
introduit le ça, le moi et le surmoi. En quoi
cette découverte est-elle également fondamentale
?
Freud
découvre là les différentes instances
mentales, ce qui est forcément essentiel à la
compréhension des mécanismes psychologiques.
Le
ça, lui, correspond aux pulsions, elles sont inconscientes
et non élaborées. Il y a deux grand types de
pulsions : les pulsions de vie et les pulsions de mort. Les
premières correspondent à une envie forte de vie,
de création. Elles incluent, la sexualité, la
maternité, la faim qui en sont des manifestations. Les
secondes sont des envies fortes de mort ou de destruction; la
colère, l’agressivité, la haine en sont
un reflet. Le ça est rempli d’énergie
sans organisation : c’est le chaos.
Le
moi, lui, correspond aux intérêts
généraux de la personne. Il gère
l’ensemble de la personne : ses besoins, son rapport
à la réalité, ses
difficultés pour agir, ses dangers…
C’est là que s’élabore la
réflexion.
Le
surmoi juge, critique, interdit. C’est le lieu psychique
où sont présentes les règles
éducatives morales et sociales. Normalement le sujet
obéit au surmoi. Il peut le faire par peur de la punition ou
bien par amour. xxxxxxx. Quand la personne agit à
l’encontre de certaines de ces pulsions non par crainte de la
sanction mais par amour, c’est grâce à
l’idéal du moi.
Le
moi possède des mécanismes de
défenses, comment fonctionnent-ils ?
Tout
moi organisé possède des mécanismes de
défense. Ils servent à maintenir le
système tel qu’il est, pour que le moi ne
s’effondre pas. Il servent à éviter une
trop grande remise en question. Il y en a de nombreux : le
refoulement, la projection, la régression,
l’isolation, la sublimation… A chaque
personnalité ses mécanismes de
défense.
Le
plus fréquent est le refoulement, il consiste à
refouler dans l’inconscient, à faire sortir de la
conscience ce qui a été vécu. Il entre
en jeux de façon spectaculaire dans les névroses
et tout particulièrement dans les cas
d’hystérie. Il en existe deux notions :
le refoulement primaire et les refoulements secondaires. Un
événement va provoquer le premier refoulement et
tous les autres évènements qui s’en
rapprochent vont à nouveau déclencher un
refoulement, dit secondaire. Le refoulement est également le
mécanisme le plus représentatif des fonctions de
l’inconscient. Si un évènement a
été refoulé c’est
qu’il existe encore quelque part dans l’inconscient.
La
sublimation est le mécanisme de défense le plus
élaboré et le plus positif.
L’énergie initiale,vitale, est
canalisée, utilisée à faire quelque
chose de positif dans la vie. La sublimation peut permettre la
réalisation intellectuelle et artistique, elle donne la
possibilité d’accéder à la
conceptualisation et à la symbolisation.
L’énergie initiale sexuelle est
transformée en énergie créatrice.
Quel
est le lien entre pulsion et refoulement
Certaines
pulsions spontanées de vie ou de mort, sont difficiles
à vivre. Elles causent embarras, sentiment de
culpabilité, malaise, ce qui conduit au refoulement de ces
pulsions dans l’inconscient. Il peut s’agir de
pulsions de vie comme de mort. Désir sexuel, envie
de meurtre... Quand ces pulsions sont contraires à une
certaine morale, lorsque le désir est nocif pour la
santé et pour la vie elle-même, la pulsion est
réprimée. C’est
l’interdiction d’un acte jugé contraire
à la loi ou moralement interdit qui conduit au refoulement.
Combien
coûte une psychanalyse et qu’elle est la symbolique
qui entoure la rémunération de
l’analyste?
Une
séance de 45 minutes coûte entre 50 et
80 euros. La rémunération de l’analyste
est nécessaire et logique comme dans toute relation de
travail. Si l’analyste travaillait gratuitement,
l’analysant se retrouverait face à
quelqu’un qui lui ferait un don et dont il se sentirait
redevable donc dépendant. L’ analyse
représentant un travail de longue haleine, cela
créerait, une lourde dette difficile à
gérer. La rémunération est donc pour
le patient la garantie de sa liberté. La transaction
financière permet aux deux parties d’y trouver
chacun son compte.
Concernant
les séances auxquels l’analysant ne se rend pas,
les pratiques sont variables. Me concernant, je demande, comme beaucoup
de mes confrères a être prévenu au
moins 48 heures à l’avance. Certains font payer
les séances même pendant les vacances. Cela peut
paraître abusif, pourtant un de mes confrères
m’a expliqué qu’en faisant
régler une de ses patientes pendant les vacances, il a
maintenu le lien psychologique entre eux et cela lui a permis
d’éviter la déprime qu’elle
faisait toutes les années précédentes
durant son absence.
Cette
règle de la séance due s’inscrit dans
la logique de la continuité et de la
régularité. Quand on entreprend une psychanalyse,
c’est un travail long et rigoureux qui demande un
investissement. Il n’est pas dans l’esprit de
s’y soustraire en fonction des
événements ou d’éviter
certaines séances difficiles.
Quelles
sont les limites de l’apport freudien ?
C’est
d’abord les limites de son temps puisque Freud a
vécu jusqu’en 1939 et que depuis de nombreuses
découvertes ont été faites et de
nouvelles pathologies ont émergées. Dans la
théorie de la psychanalyse, Freud travaille essentiellement
sur les névroses classiques faites d’inhibitions
et d’angoisses assez communes à
l’époque. Aujourd’hui,
l’évolution des mœurs, la baisse de
l’influence de la religion, les nouvelles méthodes
éducatives expliquent que l’on soit moins souvent
confrontés à ce genre de névroses. De
nouvelles pathologies narcissiques ou d’états
limites, de dépressions, apparaissent. Dans ces
cas là certaines psychothérapies se trouvent
mieux adaptées pour les traiter.
Aujourd’hui,
La Psychanalyse est omniprésente dans la
société. Le cinéma, le
théâtre, la littérature,
l’art, y font régulièrement
référence, les médias analysent les
faits de société au travers de son analyse. De
plus, la psychanalyste ouvre aujourd'hui de nombreuses perspectives aux
chercheurs et aux praticiens de multiples disciplines, outre la
psychologie et la psychiatrie, la médecine, la Sociologie,
la Linguistique, la Philosophie, l’Etude des Religions,
l’histoire etc...
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