L'évolution
des structures familiales donne une importance
accrue à la réussite de la vie
du couple. Par ailleurs,
cette vie de couple est
elle-même plus instable, compte tenu de la
libération des
mœurs et des possibilités
de refaire sa vie à un âge plus avancé.
Le couple, pour durer, doit être en mouvement afin de
s'adapter
continuellement
aux circonstances nouvelles. La vie du couple se place dans une
dynamique où
les crises sont nombreuses. Parler de problèmes laisse
entendre
que des
solutions sont possibles, il est vrai que certains de ces couples
où règne une
insatisfaction mutuelle, voire en crise profonde, peuvent
bénéficier
avantageusement d’une psychothérapie de couple.
Dans
une famille, les indications de psychothérapie de couple ont
lieu lorsque les difficultés relationnelles
rencontrées
sont localisées
essentiellement au couple.
Il
s’agit le plus
souvent lorsque le
dysfonctionnement se situe au niveau du couple
-
de
conflits verbaux ou physiques avec parfois désirs de
séparation
-
de
dépression avec
perte des désirs sexuels ;
-
de troubles
sexuels apparus
après la naissance d’un enfant ;
-
d’angoisses
chroniques
: l’un des partenaires se sent étouffé
par
l’autre qui se sent lui-même abandonné.
-
de crainte de
passage
à l’acte dangereux de l’un des membres
du
couple.
-
l’un des
partenaires
se plaint des agirs
d’emprise incessants de l’autre.
Lorsque les crises
du couple
ne trouvent
pas leurs résolutions dans un délai raisonnable
ou bien
que la solution trouvée
laisse l'un des deux dans un manque ou dans une souffrance psychique.
En grande
instabilité, le couple est alors directement
confronté
à la rupture redoutée
plus ou moins directement. Pour certains, cette épreuve est
dramatique ; les
statistiques sont là pour nous rappeler la
fréquence des
suicides après
ruptures amoureuses.
L'intervention d'un psychothérapeute est alors
nécessaire. Cette intervention
peut s'effectuer de plusieurs façons ; le choix se pose
souvent
entre une
psychothérapie individuelle de l'un des membres du couple
focalisée sur les
dysfonctionnements de sa vie amoureuse ou bien une véritable
psychothérapie de
couple (le premier entretien doit aider à faire ce choix et
envisager
éventuellement une thérapie de couple, celle-ci
possédant certaines spécificités).
Contrairement aux psychothérapies individuelles
où le travail interprétatif vise les processus
psychiques
d'une personne,
l'activité interprétative dans les
psychothérapies
de couple concerne un autre
domaine complexe, celui où s'articule la dynamique du couple.
Le psychothérapeute peut travailler à partir du
mythe
existant
dans le
couple. Le mythe
individuel de chacun,
qui est le résultat de son vécu
émotionnel envers
la famille d’origine, de
l’héritage qui en découle et de la
complexité de ses propres expériences de
vie.
· L’histoire de la famille d’origine de
chacun dont
découle, un héritage de
croyances et de comportements consécutifs qui influencent
profondément la
vision de la réalité de chacun et les relations
qu’il établit à
l’intérieur de
son propre couple.
·
L’histoire du
couple en rapport avec les étapes évolutives
qu’il
a réalisées.
Ces
représentations mythiques jouent un
rôle essentiel, parce qu’elles sont le carrefour
entre le
passé, les familles
d’origines dont on doit se détacher avec plus ou
moins de
souffrance, et
l’avenir à travers la filiation. Le
mythe peut
entrer en crise dans
certaines phases du cycle vital du couple, particulièrement
dans
les moments de
passage d’une phase à l’autre du cycle
évolutif quand les transformations sont
nécessaires pour s’adapter aux exigences de la
nouvelle
phase de vie.
Le
système de
communication sera
essentiellement concerné puisque la thérapie de
couple
impose le face à face.
En plus de la parole, le psychothérapeute utilisera souvent
le
regard
et son attitude
comme mode d'intervention. Il incitera le participant
hésitant
à parler car le
travail d'élaboration se limite très vite si la
parole
est confisquée ou
réservée à l'un des membres. Le
psychothérapeute
doit écouter celui qui parle en même
temps qu'il observe et enregistre les messages non verbaux de l'autre
(haussement d'épaules, attitude d'agacement…).
Le
psychothérapeute doit
repérer les
particularités habituelles de cette communication
(discordance
entre le contenu
verbal et le ton - obséquiosité, condescendance,
critique, sarcasme). Il doit
par conséquence conserver une neutralité
complète
et ne doit pas faire alliance
ou marquer une préférence avec l'un des deux
membres du
couple. Il doit
également assurer à chacun des deux partenaires
la
possibilité de s'expliquer
et de se déculpabiliser face aux accusations de l'autre
partenaire. Il est
nécessaire d'assurer un soutien narcissique à
chacun afin
d'éviter les risques
de dépréciation de soi.
Le
psychothérapeute est
ainsi amené à reprendre
souvent les affirmations du couple, exprimant ainsi ce que chacun
ressent et
vit face à son partenaire, de manière
à ce que
l'un et l'autre prennent
conscience de l'impact de ses paroles et de ses comportements. La
reformulation
modulée et positive du thérapeute permet alors
tous les
aménagements
nécessaires à la bonne dynamique du couple.
Les
aménagements de
la dynamique du
couple sont durables et profondes, elles tendent à
permettre
aux partenaires du couple de mieux vivre ensemble ou bien de se
séparer.
Gérard
VIGNAUX - Juillet
1999
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